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Charte liberticide, candidatures rejetées : le RCD refuse la normalisation de l’arbitraire – Communiqué du RCD

Charte liberticide, candidatures rejetées : le RCD refuse la normalisation de l’arbitraire – Communiqué du RCD

Invité par l’ANIE, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) tient à apporter les clarifications suivantes à l’opinion publique concernant la cérémonie organisée par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) relative au tirage au sort du temps d’antenne attribué aux candidats sur les chaînes de télévision et les radios publiques et la signature d’une charte d’éthique .

Le RCD a pris part à cette cérémonie conformément à son engagement constant à défendre son droit à participer à la compétition électorale malgré les multiples obstacles administratifs et politiques qui ont marqué l’ensemble du processus depuis son lancement.

Le parti rappelle toutefois que la répartition du temps d’antenne est directement liée au nombre de listes validées. Or, chacun constate aujourd’hui que le RCD a été la cible d’une succession d’entraves qui ont considérablement réduit sa capacité à présenter des listes dans plusieurs circonscriptions, alors que d’autres formations ont manifestement bénéficié d’un traitement plus favorable.

Cette situation démontre une nouvelle fois que les atteintes à l’équité électorale ne se limitent pas au jour du scrutin. Elles interviennent à chaque étape du processus : lors de la constitution des listes, de la validation des candidatures, de l’examen des recours et désormais dans les conditions d’accès aux médias publics.

Dès lors, prétendre garantir l’égalité entre les concurrents au seul stade de la campagne audiovisuelle relève d’une conception réductrice et trompeuse de l’équité électorale.

Le RCD constate avec gravité que 100 % des recours introduits par ses listes ont été rejetés. Aucun candidat du parti injustement écarté n’a obtenu réparation. Des dossiers ont été rejetés sans explications claires, des candidates et des candidats ont été brutalement exclus et, dans de nombreux cas, les délais ont été réduits au point de rendre l’exercice effectif du recours pratiquement impossible.

Cette situation ne constitue pas une simple anomalie administrative. Elle révèle un dysfonctionnement profond qui affecte l’ensemble du processus électoral. Ce constat n’émane d’ailleurs pas du seul RCD. Il est aujourd’hui partagé par plusieurs o servateurs, des responsables politiques de sensibilités diverses ainsi que par de nombreux spécialistes du droit qui dénoncent une dérive inquiétante et une remise en cause progressive des garanties fondamentales de l’État de droit.

La question de fond est pourtant simple.

Personne ne conteste la nécessité de protéger les élections contre l’argent sale, la corruption ou les réseaux d’influence occultes. Cette exigence relève de la transparence démocratique et de l’intérêt général.

Mais il existe une limite qu’aucun État de droit ne peut franchir : celle qui consiste à remplacer la preuve par le soupçon, la justice par l’administration et la présomption d’innocence par l’arbitraire politique.

Une suspicion n’est pas une condamnation.

Aucun citoyen ne peut être privé de ses droits politiques sur la base d’allégations, d’appréciations administratives ou de critères flous échappant à tout débat contradictoire. C’est pourtant ce qui semble se produire aujourd’hui à une échelle préoccupante.

L’ANIE affirme que les exclusions ne reposent pas uniquement sur l’article 200 mais également sur d’autres conditions légales prétendument non remplies par certains candidats.

Soit.

Mais si les motifs sont réellement objectifs, légaux et incontestables, pourquoi ne sont-ils pas rendus publics avec précision ? Pourquoi tant de candidats découvrent-ils leur exclusion sans explication détaillée ? Pourquoi cette opacité systématique ? Pourquoi cette précipitation à quelques jours seulement d’échéances électorales majeures ?

Dans toute démocratie digne de ce nom, la confiance dans les élections repose sur la transparence des procédures, l’égalité de traitement des candidats et le respect des garanties constitutionnelles.

Or cette confiance est déjà profondément fragilisée par des années de verrouillage politique, d’exclusions administratives, d’atteintes au pluralisme et de rétrécissement continu de l’espace public. Persister dans cette logique revient à porter un coup supplémentaire à la crédibilité des institutions et à éloigner davantage les citoyens des urnes.

Le RCD considère que les rejets massifs ayant frappé ses candidats à travers le territoire national ne peuvent être expliqués par de simples considérations administratives ou juridiques. Leur caractère systématique, leur ampleur et l’absence de traitement équitable des recours autorisent légitimement à s’interroger sur l’existence d’interventions extra-judiciaires et extra-constitutionnelles visant à remodeler artificiellement le paysage politique et à fabriquer une représentation nationale conforme aux attentes du pouvoir plutôt qu’à la volonté souveraine des citoyens.

Une telle orientation conduirait à substituer à la compétition démocratique une logique de sélection politique privilégiant des partis-appareils dociles et malléables au détriment des forces politiques autonomes, critiques et représentatives.

Par ailleurs, à l’issue de la cérémonie organisée par l’ANIE, les représentants des partis politiques ont été invités à signer une prétendue charte électorale élaborée sans aucune concertation préalable.

Les partis n’ont été ni associés à sa rédaction ni mis en mesure d’en prendre connaissance dans des conditions sérieuses avant d’être sommés de l’approuver séance tenante.

Face à cette démarche inacceptable, le RCD a refusé de signer ce document. Le RCD a été le seul parti à exprimer clairement son opposition à une charte qui, sous couvert d’encadrer la campagne électorale, porte atteinte à des libertés fondamentales garanties par la Constitution.

Cette charte tend à interdire toute critique substantielle des bilans gouvernementaux, des politiques publiques menées ces dernières années et même des programmes ou des pratiques des formations engagées dans la compétition électorale.

Une telle conception vide la campagne électorale de sa substance.

Une élection démocratique n’est pas un exercice de communication institutionnelle destiné à produire un discours uniforme. Elle est, au contraire, un moment de confrontation des idées, d’évaluation des bilans, de débat contradictoire et de libre choix des citoyens.

Signer un tel document reviendrait à accepter une campagne aseptisée dans laquelle les candidats seraient privés de leur droit de dénoncer les insuffisances de la gouvernance, les dérives institutionnelles, les atteintes aux droits et les dysfonctionnements qui affectent la vie publique.

Le RCD n’acceptera jamais de renoncer à ses principes ni de cautionner un dispositif destiné à transformer le débat démocratique en simple exercice de conformité politique.

La liberté d’expression, le pluralisme politique, le droit à l’opposition, le droit à la critique et le droit des citoyens à recevoir une information contradictoire constituent des principes fondamentaux qui ne sauraient être neutralisés par une charte administrative imposée sans concertation.

À l’approche du scrutin du 2 juillet, le RCD rappelle que la confiance populaire ne se décrète pas. Elle ne se construit ni par les exclusions massives, ni par l’opacité, ni par la généralisation du soupçon. Elle se bâtit par la transparence, le respect du droit, le pluralisme politique et l’égalité devant la loi.

À force de vider le scrutin de son esprit démocratique, c’est l’idée même de représentation populaire qui risque d’être discréditée. Et lorsqu’un peuple cesse de croire dans l’utilité de son vote, c’est la légitimité des institutions elles-mêmes qui vacille.

La direction nationale du RCD ainsi que l’ensemble de son collectif militant expriment leur solidarité totale avec toutes les candidates et tous les candidats injustement écartés de cette élection. Le parti salue leur engagement, leur courage et leur dignité face à des décisions qu’ils considèrent profondément injustes.

Le RCD leur réaffirme sa confiance et sa reconnaissance. Leur exclusion administrative ne saurait effacer leur légitimité politique ni l’adhésion des citoyens qu’ils représentent. Leur combat est celui du parti tout entier. Il est aussi celui de tous ceux qui refusent la résignation et continuent à défendre une Algérie démocratique, pluraliste, respectueuse des libertés et de la souveraineté populaire.

Le RCD dénonce avec force cette discrimination persistante ainsi que toutes les pratiques qui portent atteinte à l’égalité des chances entre les compétiteurs politiques. Il réaffirme sa détermination à poursuivre son combat démocratique, à défendre le droit des citoyens à un véritable choix politique et à continuer d’exiger les conditions d’une compétition électorale libre, transparente, pluraliste et équitable.

Alger, le 7 juin 2026

Le RCD

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