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ANIE, administration, justice : la machine de l’exclusion et de neutralisation du pluralisme

ANIE, administration, justice : la machine de l’exclusion et de neutralisation du pluralisme

Depuis l’avènement du Hirak, le RCD fait face à une campagne de répression politique d’une ampleur inédite. Interdictions d’activités partisanes, fermeture des espaces politiques, marginalisation médiatique, pressions multiformes, harcèlement méthodique des militantes, militants, sympathisants et amis du parti : tous les instruments du verrouillage politique ont été mobilisés pour tenter d’effacer le RCD du paysage politique et institutionnel national.

L’annonce de la participation du RCD aux élections législatives a manifestement intensifié cette stratégie d’hostilité politique. À travers le territoire national – et de manière particulièrement brutale dans la wilaya d’Alger, capitale politique du pays – nos candidats, nos militants et des milliers de citoyens mobilisés ont été confrontés à des refus arbitraires, à des entraves administratives répétées et à des obstacles délibérément dressés contre la validation des parrainages.

Ces dernières heures, l’ANIE notifie au RCD le rejet de la liste du parti pour la wilaya d’Alger au motif d’une prétendue non-conformité liée aux parrainages après un quitus préalablement établi, sans explication sur les rejets opérés, sans transparence sur leur nature et sans possibilité réelle de vérification contradictoire. Dans plusieurs autres wilayas et dans l’émigration, des candidatures du parti ont subi le même traitement opaque, discriminatoire et politiquement orienté.

Nous ne sommes plus devant de simples irrégularités administratives ni devant des divergences d’interprétation procédurale. Nous assistons à un verrouillage politico-administratif assumé, destiné à réduire l’un des rares partis d’opposition encore debout et à affaiblir davantage le courant démocratique et républicain.

Plus grave encore, tout indique que le pouvoir ne se contente plus d’encadrer ou de contrôler le champ politique : il veut désormais élaborer ses propres listes pour les partis politiques. À travers les filtres administratifs, les rejets sélectifs, les validations opaques et les exclusions arbitraires, il cherche à imposer les profils autorisés, à éliminer les voix indépendantes et à façonner un personnel politique conforme aux exigences de l’allégeance.

La prétendue « Nouvelle Algérie » révèle ici sa véritable nature : une Algérie où la notion floue et extensible d’« activités suspectes » devient un instrument commode de tri politique, de disqualification citoyenne et d’épuration silencieuse des listes électorales. Ce qui devait relever de la lutte contre l’illégalité tend à se transformer en outil politique permettant d’écarter des militants, des cadres, des citoyens engagés ou des candidats indépendants, souvent sans transparence, sans garanties suffisantes et sans droit effectif à la défense.

Cette dérive soulève une question fondamentale : qui établit réellement les listes électorales en Algérie ? Les partis politiques ou les appareils politico-administratifs ?

L’objectif poursuivi apparaît de plus en plus clairement : consacrer l’accaparement des institutions par une alliance de fait entre forces islamo-conservatrices, partis d’allégeance et appareils administratifs, afin d’assurer une mainmise quasi totale sur les leviers institutionnels du pays et de neutraliser toute alternative politique autonome.

Le RCD dispose de nombreux témoignages, d’éléments concrets et de récits concordants émanant de citoyens, d’élus, de militants et de personnes directement confrontées aux refus, blocages, invalidations et entraves ayant affecté la validation des parrainages et la recevabilité de certaines candidatures. Ces pratiques interrogent gravement la sincérité du processus électoral, la neutralité des institutions concernées et la réalité des garanties proclamées en matière de pluralisme politique.

Par ailleurs, les recours déjà introduits par plusieurs partis politiques ainsi que par des listes indépendantes se sont systématiquement soldés par des rejets, les juridictions compétentes les déclarant « non fondés », sans que les griefs soulevés ne soient réellement examinés de manière transparente et contradictoire. Cette situation alimente davantage les inquiétudes quant à l’effectivité des garanties de recours et à la protection réelle des droits politiques consacrés par la Constitution.

Face à cette situation, le RCD exercera l’ensemble des recours prévus par la loi. Des procédures seront engagées devant les juridictions administratives compétentes pour contester ces décisions arbitraires, défendre les droits des candidats injustement écartés et protéger le droit des citoyens à une représentation politique libre, pluraliste et équitable.

Le RCD dénonce avec force la volonté manifeste de le réduire électoralement à quelques espaces géographiques, de le cantonner symboliquement à la Kabylie, à la région touareg ou au Chenoua, et de nier son implantation nationale, son projet républicain et son combat démocratique porté à travers l’ensemble du territoire national.

Cette entreprise de confinement politique ne vise pas seulement un parti ; elle cible une vision de l’Algérie : celle d’un État de droit, d’une démocratie réelle, d’une citoyenneté pleine et entière, d’institutions ouvertes au pluralisme et libérées des logiques d’allégeance, de clientélisme, de tribalisme et de régionalisme.

Le RCD exprime sa profonde reconnaissance aux milliers de citoyennes et citoyens, militantes, militants, sympathisantes, sympathisants et amis du parti qui, malgré les intimidations, les obstacles et le climat de fermeture, se sont mobilisés avec courage, conviction et dignité pour permettre le dépôt des candidatures et défendre la présence du courant démocratique dans l’espace public.

Leur engagement constitue un véritable acte de résistance civique et politique face aux tentatives d’étouffement du pluralisme.

Le RCD appelle enfin à un large élan de soutien, de vigilance et de mobilisation afin de maintenir et renforcer sa présence dans ces espaces de résistance démocratique et d’expression libre, là où subsistent encore des possibilités de porter la voix du courant démocratique et républicain.

Ces rejets massifs, opaques et insuffisamment motivés sont d’une gravité extrême. Ils annoncent une évolution particulièrement préoccupante pour le pluralisme politique, la crédibilité du processus électoral et le respect des règles de droit dans notre pays.

Le RCD appelle chacun à prendre ses responsabilités. Le pouvoir est interpellé afin qu’il revienne à la raison, au respect de la Constitution, au libre arbitre des citoyens et aux principes élémentaires de neutralité des institutions. Les partis politiques et l’ensemble des acteurs nationaux sont également appelés à cesser toute posture de soumission ou de résignation et à prendre pleinement la mesure de la gravité de la situation que traverse le pays.

Car au-delà d’une échéance électorale, c’est bien la question du pluralisme politique, de la représentation nationale et de l’avenir démocratique de l’Algérie qui est aujourd’hui posée.

Le combat continue.

Vive le RCD.

Vive l’Algérie libérée du diktat politico-administratif.

Alger, le 28 mai 2026

Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie

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