Ce qui se déroule aujourd’hui dans le secteur de l’Éducation nationale dépasse de loin le cadre d’un simple conflit socio-administratif. Il s’agit d’une offensive préoccupante et systématique contre les libertés syndicales, pourtant garanties par la Constitution et les engagements internationaux de l’Algérie. À travers ces pratiques, c’est le principe même du syndicalisme autonome qui est remis en cause, ainsi que la légitimité des représentants des travailleurs.
Les faits rapportés sont d’une gravité manifeste. Le CNAPESTE, syndicat autonome des enseignants, a informé l’opinion publique du dépôt, en date du 09 mars 2026, d’une plainte introduite par le ministère duTravail, Emploi et de la Sécurité sociale, avec l’appui du ministère de l’Éducation nationale, en vue de sa dissolution. Parallèlement, des pressions administratives et des poursuites judiciaires sont continuellement exercées contre son coordinateur national, Messoud Boudiba, à qui l’on tente d’imposer une mise à l’écart sous couvert d’une « retraite forcée ».
Ces agissements traduisent une volonté soutenue de marginaliser les voix indépendantes, d’affaiblir les cadres d’expression collective des travailleurs et de vider le dialogue social de sa substance.
En s’attaquant à un syndicat représentatif d’un secteur stratégique comme l’éducation, c’est l’ensemble du mouvement syndical qui est fragilisé, et au-delà, les fondements mêmes de l’État de droit qui sont mis à l’épreuve.
Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) alerte l’opinion publique nationale, les organisations syndicales et les défenseurs des droits humains sur cette dérive autoritaire aux conséquences lourdes pour l’avenir des libertés publiques dans notre pays.
Le RCD exprime sa pleine solidarité avec le CNAPESTE, son coordinateur national Messoud Boudiba, ainsi qu’avec l’ensemble des syndicalistes victimes de harcèlement judiciaire. Le respect du droit syndical ne saurait être soumis à des restrictions arbitraires ni à des logiques de mise au pas.
Le RCD exige l’abandon immédiat de la procédure de dissolution engagée contre le CNAPESTE, la cessation de toutes les poursuites visant les militants syndicaux et la fin de la criminalisation de l’action syndicale.
La défense des droits des travailleurs n’est pas un crime. Elle est au cœur de toute société qui se réclame de la démocratie et de l’État de droit.
Alger, le 18 avril 2026
Youcef REZKINI
Secrétaire National du RCD, chargé des relations avec les Syndicats.














