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Verrouillage des candidatures : le retour du parti-administration

Verrouillage des candidatures : le retour du parti-administration

La volonté de bloquer les candidatures du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie à Alger ne relève plus du soupçon mais d’une mécanique assumée d’exclusion politique. Les signaux se multiplient et dessinent une stratégie méthodique : absence de délégataires habilités, refus arbitraires de validation des parrainages, ralentissement administratif organisé, opacité des procédures et traitement discriminatoire .

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse le cas d’un parti. C’est la nature même du processus électoral qui est en cause. Quand l’administration devient un acteur politique chargé de filtrer les candidatures, l’État cesse d’être arbitre pour devenir concurrent. Le pluralisme est vidé de son sens avant même l’ouverture de la campagne électorale.

Le plus grave est que cette logique ne se limite pas à la capitale. Partout dans le pays, les mêmes pratiques remontent du terrain : entraves bureaucratiques, intimidations diffuses, sélectivité dans l’application de la loi et verrouillage des mécanismes de participation citoyenne. La fraude ne commence plus dans les urnes ; elle est désormais organisée en amont, dans la fabrication même du corps électoral et dans la sélection des candidats autorisés à concourir.

Le pouvoir veut imposer des élections sous contrôle, où l’administration choisit les adversaires qu’elle estime tolérables. Ce glissement est extrêmement dangereux. Car lorsqu’un régime décide qui a le droit de représenter les citoyens, il transforme l’élection en simple procédure de légitimation et non plus en compétition démocratique.

Empêcher des candidatures crédibles et enracinées, réduire le champ politique aux clientèles dociles et neutraliser les voix républicaines et démocratiques, c’est préparer une Assemblée sans représentativité réelle, coupée des attentes populaires et incapable d’incarner la souveraineté citoyenne.

Le processus électoral est devenu un véritable traquenard politique : tout est conçu pour décourager, filtrer, épuiser et exclure. Mais cette dérive doit être dénoncée avec force. Car derrière les obstacles administratifs se cache une volonté politique claire : confisquer le droit des Algériens à choisir librement leurs représentants.

Face à cette entreprise de verrouillage, la mobilisation citoyenne devient une nécessité démocratique. Défendre le droit à une candidature libre et équitable, ce n’est pas défendre un parti ; c’est défendre le principe même de la souveraineté populaire.

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