Le silence imposé autour des activités du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie n’est ni anodin, ni fortuit. Il procède d’une volonté politique assumée : celle d’organiser l’effacement médiatique d’une voix libre, constante et profondément attachée aux valeurs démocratiques, à l’État de droit et à la souveraineté populaire.
Depuis des années mais surtout depuis l’avènement du Hirak, un boycott systématique frappe les activités du RCD. Qu’il s’agisse des médias publics, des chaînes privées ou même des espaces parapublics censés garantir le pluralisme, une même logique d’exclusion est à l’œuvre : invisibiliser un parti agréé, représentatif et implanté dans la société, comme si l’on pouvait administrativement suspendre une réalité politique.
Cette pratique constitue une violation flagrante des principes les plus élémentaires consacrés par la Constitution, notamment ceux relatifs au pluralisme politique, à la liberté d’expression et au droit des citoyens à une information libre, équilibrée et diversifiée. Car au-delà du RCD, c’est le citoyen algérien qui est privé de son droit de connaître, de comparer, de comprendre et de choisir en toute conscience.
Empêcher un parti légal d’accéder aux moyens de communication n’est pas un simple déséquilibre médiatique ; c’est une atteinte directe à l’équité politique. Dans toute démocratie digne de ce nom, les médias publics appartiennent à la nation et non à un clan, à un appareil ou à une clientèle politique. Ils ne peuvent être transformés en instruments de propagande au service exclusif du pouvoir ou de formations dociles, pendant que les voix critiques sont condamnées à la marginalisation.
À l’approche des échéances électorales, cette exclusion prend une dimension encore plus grave. Comment parler de transparence électorale lorsque l’accès à la parole publique est verrouillé ? Comment prétendre garantir l’égalité des chances entre les formations politiques lorsque certaines bénéficient d’une exposition permanente pendant que d’autres sont délibérément censurées ? Une fraude électorale ne commence pas uniquement dans l’urne ; elle commence bien en amont, lorsque l’on fabrique artificiellement le silence autour de ceux qui dérangent.
Le pouvoir semble oublier qu’aucune société ne peut durablement se construire sur l’exclusion, le verrouillage et la confiscation de la parole publique. L’histoire politique de l’Algérie a montré que chaque tentative d’étouffement des expressions démocratiques n’a produit que davantage de défiance, de rupture et de crise de confiance entre les citoyens et les institutions.
Le RCD continuera, malgré les entraves, malgré l’ostracisme et malgré les tentatives d’effacement, à porter une parole libre et à défendre le droit des Algériennes et des Algériens à une véritable vie démocratique. Car une idée juste ne disparaît jamais sous le poids de la censure.
On peut interdire une caméra, détourner un micro ou fermer un plateau de télévision ; mais on ne muselle pas durablement une conviction portée par des citoyens libres. L’exclusion médiatique est toujours l’aveu d’une faiblesse politique : lorsque le pouvoir refuse le débat, c’est souvent parce qu’il craint la vérité.
Rachid Hassani , secrétaire national chargé à la communication et aux finances.












