Ce qui était observé localement prend aujourd’hui une dimension nationale alarmante. Dans de nombreuses wilayas du pays, l’opération de validation et de légalisation des parrainages n’a toujours pas débuté, ou se heurte à des obstacles administratifs multiples, injustifiés et manifestement organisés.
Il ne s’agit plus de dysfonctionnements ponctuels ni d’aléas techniques liés à une phase de lancement. Ce qui se déploie sous nos yeux relève d’une défaillance structurelle grave dans la préparation du processus électoral, engageant directement la responsabilité de l’administration et de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).
Dans plusieurs communes, citoyens et militants se heurtent à des portes closes, à des exigences arbitraires, à des reports incessants ou à des refus à peine dissimulés. Dans d’autres, l’opération n’a tout simplement pas commencé, sans justification officielle ni calendrier clair. Cette situation crée une inégalité flagrante entre les territoires et entre les acteurs politiques, rompant avec les principes élémentaires d’équité et de transparence.
Mais plus grave encore, des dysfonctionnements majeurs viennent aggraver cette dérive et révèlent un désordre généralisé aux conséquences potentiellement lourdes. Dans plusieurs wilayas, l’absence pure et simple de délégués de l’ANIE rend matériellement impossible la récupération des formulaires de parrainage. Là où ces délégués devraient garantir la fluidité et la régularité de l’opération, leur inexistence crée un vide administratif inacceptable.
Par ailleurs, dans de nombreuses communes, les mécanismes de délégation de signature sont inexistants ou bloqués, paralysant de fait toute procédure de légalisation. Cette carence organisationnelle transforme un acte administratif simple en parcours d’obstacles délibérément dissuasif.
La situation est tout aussi préoccupante au niveau des représentations consulaires, où nos concitoyens établis à l’étranger se retrouvent privés de toute possibilité effective de participer à cette phase essentielle du processus électoral. Cette exclusion de fait d’une partie du corps électoral constitue une atteinte grave au principe d’égalité entre les citoyens.
L’ensemble de ces défaillances ne relève plus de l’improvisation. L’opération de parrainage tourne à un véritable fiasco national, marqué par l’absence de coordination, le défaut d’anticipation et l’accumulation d’obstacles administratifs.
Dans ces conditions, une question centrale s’impose avec acuité : celle de la régularité même du processus électoral en cours.
Car comment garantir la sincérité d’un scrutin lorsque l’accès à la candidature est entravé, filtré ou rendu matériellement impossible dans plusieurs régions du pays et à l’étranger ? Comment ne pas s’interroger, face à une telle désorganisation, sur l’existence d’une stratégie visant à préparer en amont une fraude électorale de grande envergure, en réduisant artificiellement le nombre de candidatures et en contrôlant l’accès à la compétition ?
L’impréparation est manifeste. Elle traduit soit une incapacité à organiser un processus électoral dans des conditions normales, soit, plus grave encore, une volonté délibérée de contrôler, de filtrer et de restreindre l’accès à la compétition politique.
Empêcher ou retarder la légalisation des parrainages revient à empêcher des candidatures d’émerger, à réduire artificiellement le champ politique et, en définitive, à priver les citoyens de leur droit fondamental de choisir librement leurs représentants.
Dans ce contexte, l’ANIE ne peut se réfugier derrière des déclarations de principe. Une autorité électorale incapable de faire appliquer ses propres directives, tolérant des pratiques contraires à la loi et laissant s’installer la désorganisation, voit sa crédibilité profondément entamée et sa mission vidée de son sens.
L’administration, en multipliant les entraves ou en s’abstenant d’agir, se place en contradiction directe avec son devoir de neutralité et devient un acteur du blocage là où elle devrait garantir l’égalité des chances.
Le RCD dénonce avec la plus grande fermeté cette situation inacceptable, révélatrice d’une volonté manifeste de freiner, voire d’entraver, une dynamique d’adhésion populaire qui s’exprime en faveur de ses candidats et de son projet politique.
Le RCD exige une intervention immédiate pour lever tous les obstacles administratifs, le déploiement effectif des délégués de l’ANIE sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger, l’activation sans délai des mécanismes de délégation de signature dans toutes les communes, ainsi que l’application uniforme de la loi. Il appelle également à la mise en place de mécanismes de contrôle transparents et indépendants garantissant l’égalité réelle entre tous les acteurs politiques.
Ce qui est en jeu dépasse une simple phase technique du processus électoral. C’est la sincérité du scrutin, la crédibilité des institutions et la confiance des citoyens qui sont aujourd’hui gravement compromises.
À force de verrouiller la compétition, le pouvoir ne fabrique pas de la stabilité, il fabrique de la défiance. Et en refusant le choix libre, il prend la responsabilité d’un divorce politique dont les conséquences engageront durablement l’avenir du pays.
Alger, le 14 avril 2026
Le RCD













