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À la veille de l’Aïd : un geste d’État en faveur des détenus d’opinion est nécessaire

À la veille de l’Aïd : un geste d’État en faveur des détenus d’opinion est nécessaire

L’Aïd est ce moment où la société algérienne se retrouve dans ce qu’elle a de plus noble : la solidarité, la fraternité, la capacité à pardonner et à retisser les liens qui font tenir une communauté nationale.

Mais à l’heure où tant de familles se préparent aux retrouvailles, une réalité s’impose, brutale et injuste : des centaines de foyers célébreront cette fête dans l’absence. L’absence d’un fils, d’un père, d’un frère ou d’une sœur, aujourd’hui privé de liberté pour ses opinions.

Ces détenus d’opinion ne sont pas des chiffres. Ils sont des visages, des histoires, des familles meurtries. Derrière chaque incarcération, il y a une mère qui attend, des enfants qui grandissent sans repères, des parents qui vivent l’injustice comme une blessure quotidienne. Cette souffrance silencieuse traverse la société et mine, en profondeur, le lien de confiance entre l’État et les citoyens.

Dans ce contexte, j’en appelle une nouvelle fois au Chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, afin que soient prises des mesures de grâce et d’apaisement en faveur de celles et ceux qui sont injustement détenus pour leurs opinions.

La Constitution lui confère pleinement les prérogatives pour agir.

Un tel geste, en ce moment précis, ne serait ni une faiblesse ni une concession. Il serait un acte de lucidité politique et de hauteur d’État. Car l’histoire politique, en Algérie comme ailleurs, enseigne une chose simple : les moments de tension ne se résolvent pas par le durcissement, mais par des décisions courageuses capables de rouvrir les voies du dialogue.

Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie n’a jamais cessé de porter cette exigence. Parce qu’une vérité s’impose : on ne construit pas la stabilité contre la société. On ne bâtit pas l’unité en réduisant au silence les voix discordantes. La stabilité durable naît du respect des libertés, de l’acceptation du pluralisme et de la reconnaissance du droit des citoyens à exprimer leurs aspirations.

Aujourd’hui, le discours sur le « front interne » ne peut plus rester incantatoire. Il doit se traduire par des actes politiques clairs et mesurables :

la libération des détenus d’opinion,

la levée des entraves aux libertés publiques,

l’ouverture réelle de l’espace politique et médiatique,

la prise en compte des revendications légitimes des citoyens.

C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que la confiance pourra être restaurée et que l’unité nationale cessera d’être un slogan pour redevenir une réalité.

À la veille de l’Aïd, « fête du pardon et de la réconciliation dans notre culture », un geste d’apaisement aurait une portée immense. Il permettrait à des familles de retrouver leurs proches, mais surtout, il enverrait un signal fort à toute la nation : celui d’un État capable d’écoute, de responsabilité et de dépassement.

Car l’Algérie n’a rien à gagner dans la crispation.

Elle a tout à gagner dans l’ouverture, la confiance et la liberté.

Alger, le 18 mars 2026

Atmane Mazouz

Président du RCD

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