À l’occasion du procès en révision des détenus de Larbaâ Nath Irathen, qui se tient aujourd’hui, 1er mars 2026, je me permets d’adresser une réflexion : notre pensée va d’abord vers les familles éprouvées par l’une des tragédies les plus douloureuses qu’ait connues la Kabylie ces dernières années.
La disparition tragique de Djamel Bensmail a profondément bouleversé l’ensemble du pays. Nul ne peut rester indifférent face à un tel drame. La justice doit passer et toute la vérité doit être établie avec responsabilité.
Mais rendre justice, ce n’est pas céder à l’émotion du moment ni transformer un procès en réponse expéditive à une tragédie nationale. Rendre justice, c’est précisément garantir un jugement équitable, fondé sur les faits, sur les responsabilités réelles et sur les circonstances exactes qui ont entouré ces événements dramatiques.
Car cette tragédie ne peut être isolée de son contexte. Elle s’inscrit dans une période marquée par des incendies meurtriers qui ont coûté la vie à des dizaines de citoyens de la région, semant la panique, la colère et la confusion dans des villages plongés dans le désarroi. Dans ces moments de chaos et d’émotion extrême, des événements graves se sont produits. Ils doivent être examinés avec lucidité, avec sérieux et surtout avec équité.
Depuis le premier jour, le #RCD a exprimé, à travers son président, Atmane Mazouz , et sa direction, sa solidarité avec les familles des victimes et son soutien aux détenus, non pas pour nier la gravité des faits, mais pour rappeler une exigence fondamentale : nul ne doit être condamné sans un procès juste et impartial.
Cependant, il serait illusoire d’ignorer que cette affaire a été entourée, dès les premières heures, d’une forte charge politique et médiatique. Des narratifs hâtifs ont été imposés, des amalgames ont été entretenus et certaines voix ont cherché à instrumentaliser la douleur nationale pour servir des objectifs qui dépassent la seule recherche de la vérité. Dans ce climat, les risques de manipulation politique et de pressions diverses sur le cours normal de la justice ne peuvent être écartés.
Or, la justice d’un État de droit ne peut être rendue sous la pression de l’opinion, sous l’influence d’un climat politique ou dans une logique de règlement de comptes. Elle doit s’exercer dans la sérénité, dans le respect strict des droits de la défense et dans la recherche scrupuleuse de la vérité.
Aujourd’hui, au moment où s’ouvre ce nouveau chapitre judiciaire, pour lequel le RCD, pratiquement seul, a exigé la révision du procès en subissant pressions et intimidations, nous interpellons les institutions judiciaires : l’honneur de la justice algérienne est de démontrer son indépendance et son impartialité.
Il ne s’agit pas seulement de juger des hommes.
Il s’agit de rendre une décision qui apaise, qui éclaire et qui rende justice à tous : aux victimes, à leurs familles, mais aussi à ceux qui comparaissent et dont la responsabilité doit être établie avec rigueur.
La douleur ne doit pas produire l’injustice.
La tragédie ne doit pas devenir un prétexte à l’arbitraire.
Dans cette épreuve, la seule voie digne pour la nation reste celle de la vérité, du droit et de la justice.
Le RCD demeurera fidèle à cette exigence et continuera d’exprimer sa solidarité avec les détenus et leurs familles, tout en réaffirmant qu’aucune société ne peut se construire durablement sans une justice indépendante, équitable et courageuse.
Atmane Mazouz, Président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie














