L’Algérie et les Algériens entament l’année 2026 sous le choc d’augmentations brutales, unilatérales et non annoncées des prix, intervenues dans un climat de stupeur générale. Depuis le 1er janvier, les tarifs des carburants – gasoil, essence et GPL – ont été relevés, parallèlement à une série d’augmentations et de nouvelles taxes, notamment la taxe carburant pour les déplacements vers la Tunisie, la taxe sur l’habitation et les locaux à usage commercial directement prélevée sur la facture d’électricité, ainsi que les prix d’autres produits.
Ces décisions, prises en contradiction flagrante avec les assurances répétées du gouvernement et en dehors de toute concertation avec les partenaires sociaux et économiques, annoncent une spirale inflationniste lourde de conséquences. Elles sont socialement injustes et économiquement périlleuses. En touchant directement le carburant, facteur central de la structure des prix, ces augmentations impacteront inévitablement les transports, puis l’ensemble de l’activité économique, des biens et des services, en particulier les denrées alimentaires, aggravant ainsi l’érosion déjà dramatique du pouvoir d’achat.
Les premières réactions sociales ne se sont pas fait attendre. Dans plusieurs wilayas du pays, des mouvements de protestation spontanés, des arrêts de travail et des grèves, notamment dans le secteur du transport urbain et interurbain, ont provoqué une paralysie partielle ou totale de l’activité. Des villes se retrouvent bloquées, la rentrée scolaire est perturbée, des activités universitaires et pédagogiques sont reportées, et des milliers de travailleurs, d’étudiants et de citoyens sont plongés dans le désarroi.
Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie rappelle qu’il n’a cessé d’alerter l’opinion publique sur les implications désastreuses de la Loi de finances 2026. Ce texte budgétaire consacre le creusement du déficit, le recours accru à l’endettement intérieur dans un contexte marqué par l’épuisement du Fonds de régulation des recettes, et la persistance d’une gestion financière hasardeuse. Les mesures présentées comme des soutiens au pouvoir d’achat ne feront, en réalité, qu’alimenter une inflation déjà galopante.
Au lieu d’engager des réformes économiques courageuses, actant une rupture réelle avec la logique rentière mortifère, fondées sur la diversification de l’économie, la libération des énergies productives, la justice fiscale et la bonne gouvernance, le gouvernement persiste à préserver un schéma obsolète et inefficace. À défaut d’une vision stratégique, il gouverne par l’improvisation, les effets d’annonce et le transfert systématique des coûts de ses échecs sur les citoyens, en particulier les couches moyennes et populaires déjà fragilisées.
À cette pression économique s’ajoute un climat répressif préoccupant. Les dispositions excessivement coercitives contenues dans le nouveau code de la route, adopté par un parlement complaisant, ont contribué à exacerber la colère sociale. Cette tentation du tout répressif, que le gouvernement tente aujourd’hui de corriger maladroitement, révèle une incapacité chronique à privilégier la prévention, la pédagogie et la responsabilité au profit de la sanction aveugle.
Le RCD déplore également l’attitude de nombreux représentants politiques locaux et nationaux qui ont soutenu ces textes avant d’en dénoncer opportunément les conséquences. Cette duplicité, dictée par des calculs étroits et une obsession des privilèges, accentue le divorce entre les institutions et la société.
Face à cette situation explosive, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie appelle solennellement les autorités à annuler sans délai les augmentations des prix des carburants, à revoir les mesures fiscales et à engager une révision sérieuse du nouveau code de la route. Il exige l’ouverture urgente d’un dialogue sincère et responsable avec les partenaires sociaux et économiques afin d’éviter le désordre et de prévenir une casse sociale aux conséquences imprévisibles.
Le RCD réaffirme enfin sa solidarité avec toutes celles et tous ceux qui, à travers le pays, luttent pacifiquement pour la dignité, la justice sociale et le progrès. Il restera fidèle à son combat pour une Algérie libre, démocratique et sociale, affranchie de l’improvisation, de l’autoritarisme et de la dépendance aux hydrocarbures.
Vive l’Algérie libre, démocratique et sociale.
Alger, le 04 janvier 2026
Le RCD























