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Dissolution du CNAPESTE: une dérive dangereuse : Communiqué du RCD

Dissolution du CNAPESTE: une dérive dangereuse : Communiqué du RCD

Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) condamne avec la plus grande vigueur la décision du tribunal administratif de Bir Mourad Raïs prononçant la dissolution du syndicat CNAPESTE. Cette décision marque un nouveau seuil dans la dérive autoritaire que connaît notre pays et confirme la volonté du pouvoir d’éradiquer toute expression autonome de la société.

Après les partis politiques empêchés, les associations dissoutes, les médias bâillonnés, les journalistes poursuivis, les militants emprisonnés et les libertés publiques méthodiquement restreintes, c’est désormais le syndicalisme autonome qui est frappé de plein fouet. Le message est clair : aucune voix indépendante ne doit survivre.

Le pouvoir fait le choix de la répression parce qu’il est incapable d’apporter des réponses aux crises qu’il a lui-même engendrées. Face à l’effondrement de l’école, à la dégradation des conditions de travail, à la perte du pouvoir d’achat et au profond malaise social, il ne propose ni réformes, ni dialogue, ni solutions. Il mobilise les tribunaux contre les organisations représentatives et transforme la justice en instrument de liquidation des contre-pouvoirs.

Dissoudre un syndicat ne supprimera ni les difficultés des enseignants, ni les souffrances des travailleurs, ni les aspirations des Algériennes et des Algériens à la dignité, à la liberté et à la justice. On peut fermer des sièges, interdire des activités et prononcer des dissolutions. On ne dissout ni les idées, ni les revendications, ni la volonté d’un peuple de vivre libre.

Le RCD exprime sa pleine solidarité avec les militantes et les militants du CNAPESTE et avec l’ensemble des syndicats autonomes. Il appelle toutes les forces démocratiques, les organisations syndicales, les associations et les citoyens attachés aux libertés à constituer un large front de défense des droits fondamentaux.

Le silence face à une telle décision ouvrirait la voie à de nouvelles atteintes contre toutes les formes d’organisation indépendante.

Aujourd’hui un syndicat, demain une association, un parti, un média ou toute autre voix dissidente. Il est temps de mettre un terme à cette fuite en avant autoritaire qui isole davantage le pays et fragilise ses institutions.

Le RCD réaffirme que les libertés syndicales, politiques et associatives sont indissociables. Elles constituent le socle de toute démocratie véritable. Les étouffer, c’est condamner l’Algérie à l’immobilisme, à la défiance et à une crise politique toujours plus profonde.

Les libertés ne se négocient pas. Elles se défendent.

Alger, le 28 juillet 2026

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