Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) prend acte du décret présidentiel n° 25-218 du 4 août 2025, levant la réserve de l’Algérie sur l’article 15, paragraphe 4, de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). Cette disposition reconnaît aux femmes le droit, au même titre que les hommes, de circuler librement et de choisir leur lieu de résidence. Il s’agit d’un rattrapage tardif, obtenu après des décennies de blocage imposé par des courants islamo-conservateurs qui continuent de dicter leur agenda au sommet de l’État.
Cette victoire n’est que partielle sur l’archaïsme qui sévit dans l’ensemble des institutions.
Depuis 1996, l’Algérie maintenait cette réserve au nom de normes religieuses et coutumières instrumentalisées pour justifier l’injustice. Pendant près de trente ans, cette tutelle a privé les Algériennes d’un droit fondamental, en contradiction flagrante avec la Constitution et avec les engagements internationaux du pays. La levée de cette réserve n’est pas un cadeau : elle a été arrachée par les luttes féministes, démocratiques et citoyennes, contre la résistance acharnée d’un système qui n’a jamais cessé de reculer devant l’égalité réelle.
Le vrai problème reste intact : le Code de la famille.Tant que le Code de la famille, véritable charpente juridique de l’inégalité, ne sera pas abrogé, l’émancipation des femmes restera un slogan creux. Ce texte, hérité de l’époque du parti unique et renforcé par les compromis avec les islamistes, fait de la femme une mineure à vie et légitime la tutelle masculine.
Le RCD appelle sans ambiguïté à son abrogation pure et simple, et à son remplacement par un code civil égalitaire et moderne pour mettre fin avec l’hypocrisie politique.
Le pouvoir tente aujourd’hui de capitaliser sur une décision partielle pour redorer son image internationale, tout en continuant de bâillonner la presse, d’emprisonner les voix libres et de criminaliser l’action politique. On ne peut prétendre défendre les droits des femmes tout en réprimant les libertés fondamentales et en verrouillant l’espace démocratique.
Le RCD rappelle que l’égalité entre citoyennes et citoyens est un droit constitutionnel et universel, non une faveur accordée par décret. Elle ne se négocie ni avec les courants rétrogrades, ni avec les gardiens d’un ordre moral qui a trop longtemps servi de prétexte à l’oppression.
L’Algérie ne pourra se moderniser qu’en rompant avec cette tutelle idéologique et en adoptant des lois qui placent la liberté et l’égalité au-dessus de toute autre considération.
Le RCD continuera de porter cette exigence avec constance et détermination, aux côtés de toutes celles et tous ceux qui refusent la soumission et aspirent à une Algérie libre, juste et pleinement égalitaire.
Alger, le 25 août 2025
Le #RCD