Banner

37ᵉ anniversaire du RCD à Tizi Ouzou : Discours complet du président Atmane Mazouz lors du meeting national

37ᵉ anniversaire du RCD à Tizi Ouzou : Discours complet du président Atmane Mazouz lors du meeting national

Chères militantes, chers militants,

Chers compagnons de lutte,

Chers fondateurs du RCD,

Chers jeunes engagés,

Chers amis,

Si le RCD a 37 ans aujourd’hui, c’est parce qu’il n’a jamais appris à se taire.

Dans un pays où l’on a trop souvent exigé le silence en échange de privilèges, la soumission en échange de la fausse stabilité et l’oubli en échange de la survie, le RCD a fait un choix radical et juste : dire la vérité, coûte que coûte.

Nous sommes réunis ici, non pas pour célébrer un simple anniversaire, mais pour rappeler une évidence que certains voudraient effacer : la démocratie en Algérie n’est pas un luxe, c’est une dette impayée envers le peuple .

Si nous avons choisi de célébrer le 37ᵉ anniversaire du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie ici, à Tizi-Ouzou, ce n’est ni par habitude ni par facilité. C’est parce que Tizi-Ouzou n’est pas un simple lieu géographique. C’est une mémoire vivante, un symbole de résistance, un espace où la dignité n’a jamais accepté de se taire.

Ici, des femmes et des hommes ont dit non à l’effacement. Ici, la parole libre a résisté à la peur. Ici, la revendication démocratique a précédé les calculs, les arrangements et les renoncements.

Le RCD est né de cette exigence morale : refuser l’injustice, même lorsqu’elle se déguise en fatalité.

Chers amis, chers démocrates,

Il y a 37 ans, créer le RCD n’était pas un acte banal. C’était un acte de rupture et de courage politique dans un pays dominé par la peur, le verrouillage institutionnel et l’unanimisme imposé par le parti unique.

Dans une Algérie confisquée par le FLN, marquée par l’exclusion, l’arbitraire et le déni identitaire, la création du RCD a été une réponse politique consciente, réfléchie et assumée. Le RCD a été le premier parti démocratique moderne, fondé sur la citoyenneté et non sur la religion, la région ou le clientélisme.

Il n’a pas été créé pour gérer le système, mais pour le transformer.

Chères militantes, chers militants fidèles,

Dès l’origine, le RCD a affirmé des positions claires : la démocratie ne se négocie pas, la souveraineté appartient au peuple et à lui seul, l’identité amazighe est une réalité nationale et non une concession, la religion ne peut être instrumentalisée contre les libertés, et l’État doit servir le citoyen, non l’assujettir.

Pour ces choix, le RCD a payé le prix fort. Des militants ont été poursuivis, emprisonnés, contraints à l’exil ou marginalisés. Des élus ont été entravés, des structures fermées, notre parole censurée et notre engagement diabolisé.

Mais jamais le RCD n’a cédé sur l’essentiel. S’il a été combattu avec autant d’acharnement, ce n’est pas parce qu’il se trompait, mais parce qu’il dérangeait.

Chers compagnons de route, chers cadres du parti,

Depuis 37 ans, le RCD n’a jamais changé de cap. Il a défendu l’État de droit, la souveraineté populaire, la neutralité de l’État, les libertés fondamentales, l’égalité entre les femmes et les hommes et la justice sociale.

Il a porté une vision claire de la laïcité politique, non contre la foi, mais pour la protéger, en séparant le religieux du pouvoir.

Malgré l’adversité, des acquis ont été arrachés : la reconnaissance constitutionnelle de tamazight, l’enracinement du discours démocratique et la formation de générations de cadres politiques compétents et intègres.

Le RCD n’est pas un parti de circonstance. C’est une école politique forgée dans l’adversité.

Chers citoyens attachés à la liberté,

Depuis 2019, dans un contexte de crise profonde, le RCD a tenu une ligne claire dans la tempête. Il a soutenu le Hirak pacifique et ses revendications démocratiques profondes.

Il a refusé les fausses transitions et les solutions cosmétiques. Il a dénoncé la répression, les arrestations arbitraires et la fermeture du champ politique.

Le RCD n’a pas cherché à survivre dans le système, mais à rester fidèle au peuple et à défendre la politique comme un espace libre, et non comme un outil de domestication.

Chers amis, chers défenseurs de la dignité nationale,

La question de l’identité nationale, et de tamazight en particulier, reste au cœur de notre combat. Le RCD l’a portée quand elle était criminalisée. Aujourd’hui, nous dénonçons son instrumentalisation.

Une officialisation sans généralisation réelle n’est pas une reconnaissance sincère. Reconnaître tamazight, c’est réconcilier l’Algérie avec elle-même, avec son histoire et avec toute sa diversité.

Chers démocrates, chers responsables politiques sincères,

La crise que traverse notre pays est d’abord une crise des libertés. Liberté d’expression, de réunion, d’organisation politique : toutes sont étouffées par des interdictions arbitraires, la fermeture des salles, la censure médiatique et une tutelle administrative qui asphyxie la vie partisane.

La loi sur les partis consacre le contrôle au lieu de garantir la liberté. Or, sans libertés, il n’y a ni État fort ni stabilité durable. Un État qui a peur de ses citoyens est un État faible.

Chers amis, chers consciences libres,

Cette crise se manifeste aussi par l’existence de détenus d’opinion. Des Algériennes et des Algériens sont emprisonnés pour une opinion, un post ou un slogan.

Nous exigeons leur libération immédiate et inconditionnelle. Concernant les détenus de la LNI, maintenant que le procès est programmé, nous exigeons un procès équitable, conforme au droit.

Un pays ne peut pas avancer avec ses consciences en prison.

Chers travailleurs, chers jeunes, chers entrepreneurs,

La crise est également économique. Le modèle rentier est en échec, la dépendance aux hydrocarbures paralyse l’avenir et l’absence de vision durable aggrave la situation.

Il existe un lien direct entre autoritarisme, corruption et crise économique. Le RCD défend une économie productive, fondée sur le savoir, la jeunesse et l’innovation, avec un État régulateur et non prédateur.

Sans démocratie, il n’y a pas de développement ; sans justice, il n’y a pas d’économie.

Chères familles algériennes, chers citoyens éprouvés,

Sur le plan social, la dignité recule. Le pouvoir d’achat s’effondre, les classes moyennes sont asphyxiées, la jeunesse est privée de perspectives et l’exil devient un projet collectif.

Le RCD défend un État social fondé sur le travail, les droits et l’égalité, et non sur l’assistance ou la charité politique.

Chers fondateurs, chers militants de toujours, chers jeunes du RCD,

Je rends hommage à celles et ceux qui ont tenu bon quand céder semblait plus simple. Leur combat n’a pas été vain.

À la jeunesse du RCD, je dis ceci : vous n’êtes pas une relève symbolique. Vous êtes le présent du parti, sa force vive et sa promesse.

À 37 ans, le RCD n’est pas dans la nostalgie. Il met son expérience au service de l’avenir.

Chères militantes, chers militants, chers amis,

Vous êtes, ici

et maintenant, la force de cette Algérie qui résiste et qui refuse la résignation.

Vous êtes les enfants de cette terre qui veulent une Algérie debout et fière, une Algérie juste et apaisée.

Vous êtes celles et ceux qui exigent la liberté sans condition, la dignité sans compromis et la citoyenneté sans tutelle.

Vous êtes cette Algérie qui veut vivre de son travail, élever ses enfants dans la sérénité, croire à l’avenir sans peur ni mensonge.

Et parce que vous êtes cette Algérie qui veut changer, nous prenons aujourd’hui nos responsabilités.

Solennellement, publiquement, au nom de cette exigence démocratique que nous portons depuis 37 ans, nous interpellons le Chef de l’Etat, le Président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune:

il est temps de prendre des mesures courageuses et salutaires.

Libérer les détenus d’opinion.

Restaurer les libertés individuelles et collectives.

Mettre fin aux entraves politiques et à la tutelle administrative.

Agir concrètement pour améliorer le quotidien de millions d’Algériennes et d’Algériens qui souffrent, qui peinent, mais qui continuent d’espérer.

D’autres n’osent pas le dire.

D’autres se taisent.

D’autres encore s’accommodent de l’impasse.

Nous, nous allons oser.

Fidèles à notre histoire, fidèles à notre serment démocratique, nous réitérons notre appel à l’ouverture d’un dialogue sincère avec les forces vives, saines et loyales de ce pays — celles qui sont restées fidèles aux aspirations profondes du peuple algérien.

Car il n’y aura ni paix durable, ni stabilité véritable, ni avenir partagé sans vérité, sans justice et sans démocratie.

Chères militantes, chers militants,

Chers fondateurs du RCD,

Chers amis fidèles,

Le combat que nous menons n’est pas derrière nous.

Il est devant nous.

Il est dans chaque liberté à reconquérir, dans chaque injustice à combattre, dans chaque espoir à reconstruire.

Les prochaines échéances ne sont pas de simples rendez-vous électoraux.

Elles sont une bataille politique décisive pour la reconquête de la souveraineté populaire, pour redonner un sens au vote, une valeur à l’engagement et une dignité à la citoyenneté.

Aujourd’hui, en vous voyant si nombreux, en voyant réunis ici les fondateurs du parti, les militants de toujours, les cadres, les jeunes et les amis du RCD, une certitude s’impose :

Ce parti n’est pas fatigué.

Ce parti n’est pas isolé.

Ce parti n’est pas dépassé.

Il est vivant.

Il est enraciné.

Il est nécessaire.

Aux fondateurs présents parmi nous, à celles et ceux qui ont porté ce parti quand le mot démocratie était un risque, quand militer signifiait résister, quand s’organiser signifiait s’exposer, je dis ceci :

votre combat n’a pas été vain.

Votre courage a tracé un chemin que d’autres continuent d’emprunter.

Votre fidélité a donné un sens durable à notre engagement collectif.

Aux militantes et militants de toujours, à celles et ceux qui ont tenu bon quand céder semblait plus simple, je rends un hommage appuyé.

Vous avez été la colonne vertébrale de ce parti dans les moments les plus difficiles.

Aux amis du RCD, à celles et ceux qui, sans carte mais avec conviction, ont toujours été aux côtés de ce combat, votre présence aujourd’hui est un message politique fort :

le RCD dépasse ses structures, parce qu’il incarne une idée juste.

À la jeunesse du RCD et à la jeunesse algérienne, nous disons clairement :

vous n’êtes pas l’avenir abstrait dont on parle dans les discours.

Vous êtes le présent de la lutte démocratique, sa force, son exigence et sa promesse.

Le RCD n’est pas un parti de résignation.

Il n’est pas un parti d’attente.

Il est un projet de transformation nationale, porté par une vision claire, une cohérence assumée et un courage politique intact.

Alors oui, ensemble, transformons l’indignation en action,

l’espoir en projet,

la résistance en victoire démocratique.

Restons debout.

Restons unis.

Restons fidèles à ce que nous sommes.

Vive le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie.

Vive celles et ceux qui n’ont jamais renoncé.

Vive l’Algérie libre, démocratique et souveraine.

Tizi-Ouzou, le 07 février 2026

Atmane Mazouz, President du RCD

Autres actualités

Focus Vidéo

Couverture médiatique

Rejoindre le RCD

Scannez moi

Boîte à Idées

Archives du site