Toujours plus proche de vous, Nos bureaux régionaux sont à votre disposition pour un service de proximité.
Cliquez ici
Bouteflika-Kabylie : aveu historique Auteur: Publié: 28/03/09
Said Bouteflika était en conciliabule avec A.
Benyounes et H. Ould Ali la veille de la visite du frère candidat dans la ville
des genêts. Tout un programme. Ceux qui connaissent la scène politique
régionale savent avec qui et pour quels objectifs le chef de l'Etat
s'emploie-t-il en Kabylie. Il suffit de rappeler que l'un et l'autre sont passés
à la postérité sous les sobriquets de Hadj Bettou et de Ould Euros dans la
région.
Après l'occupation de Béjaïa, il n'y a pas d'autres termes, le chef de l'Etat
a, comme attendu, transplanté ses troupes d'interventions sur Tizi-Ouzou.
Cette volonté d'agresser les villes visitées par la violation de l'espace
urbain à travers un affichage envahissant régulièrement déchiré et tout aussi
régulièrement remis par les services de sécurité n'est pas propre à la Kabylie.
Biskra, Batna ou d'autres cités ont eu droit à leur lot de bus chargés de
badauds rémunérés et nourris par le trésor public.
Il y a cependant une différence de taille entre ces villes et les deux chef
lieu de wilaya de Kabylie: le contenu des caravanes . Le chef de l'Etat réussit
tant bien que mal à entraîner quelques centaines de personnes, plus ou moins
consentantes, dans ses bagages pour garnir ses parcours. On aura noté en
Kabylie que même les individus convoyés dans les bus étaient dans la quasi
totalité des cas des jeunes adultes: beaucoup avouant en privé être des
militaires ou des policiers habillés en civil avec des casquettes à l'effigie
du candidat officiel vissées sur la tête. (Voir photo ci dessous)
L'autre différence sensible avec les autres démonstrations proposées ici et là
par la télévision algérienne réside dans les clients locaux du pouvoir. En plus
des nombreux ripoux, on peut trouver, malgré tout, des personnes cédant aux
appels de l'administration par gêne, connaissance des responsables ou respect
de l'autorité de l'Etat.
"J'ai bien observé les invités tolérés à la maison de la culture de Tizi-Ouzou,
je vous jure qu'il n'y avait que du vaurien, du corrompu ou de
l'affairiste." Les propos sont d'un jeune officier de police originaire de
la région.
Faut-il s'attarder sur les 17 minutes du discours de Bouteflika.
- Je ne sais pas ce qui s'est passé en 2001 dans cette région. L'aveu est un
peu tardif. Des tireurs ayant tué des jeunes ont été identifiés et
signalés à la justice. A ce jour pas un seul criminel n'a été jugé.
- Nous sommes tous amazigh. Fort bien. Est-il utile, urgent ou responsable
d'étouffer le HCA qui n'était pourtant pas une institution particulièrement
performante ?
- Le blocage de développement économique est dû au problème du foncier propre à
cette région. Nous sommes prêts à acheter ces terrains pour permettre votre
décollage économique. Que ne l'avez vous fait depuis dix ans M. Bouteflika ?
- L'unité nationale, couplet par ailleurs obligé en Kabylie, venant de
celui qui a tribalisé le pouvoir est, pour le coup, un peu vulgaire.
On peut continuer à l'envi les commentaires sur ces 17 minutes.
Mais quand on revendique, et c'est courageux, Hadj Bettou et Ould Euros comme
partenaires tout est dit.
En cela le projet est clair. Ni Boumediene ni Chadli, dont la méfiance vis à
vis de la région était pourtant tout aussi tatillonne, n'ont eu ce culot. En
cela, votre virée en Kabylie est historique. Elle consacre officiellement la
volonté d'installer la lie sociale en tant que caïds locaux.
Constatée depuis votre arrivée au pouvoir sur le terrain par les
délocalisations des rares entreprises survivantes, les nominations et les
promotions de cadres délinquants, vous venez d'assumer au plus haut niveau de
l'Etat la décision de déstructurer la Kabylie. Vous pouvez vous mentir, vous
pouvez mentir au pays par média interposés mais comment mentir à ceux qui se
connaissent entre eux et vous connaissent.
Rendez vous le 9 avril.
Une majorité de jeunes militaires en casquettes blanches infiltrés dans la foule