Mon cher Mâamar
J’ai lu ton billet ce jour et à la vérité, je
l’attendais un peu. S’agissant du règne et des méthodes de Boumediene qui
compte encore, je le sais, des nostalgiques, nous devons, toi et moi, assumer
des opinions incompatibles. Il te suffira de lire la préface de mon livre pour
connaitre ma position et ma conception d’appréhender notre patrimoine
historique.
Je ne voudrais pas polémiquer avec toi mais je ne
résiste pas à l’envie de te dire que si tu admets qu’il faut ‘’réhabiliter’’
Amirouche ; c’est bien par ce que son combat et sa mémoire ont été quelque
peu dégradés. Si tel est le cas, Boumediene fut, sur ce registre comme sur de
nombreux autres - il faudra en convenir - le chef d’orchestre d’une dérive
politique et symbolique qui nous accable toujours.
Tu peux défendre Boumediene, j’ai une appréciation
différente sur son pouvoir et ses conséquences.
Essayons simplement de dire les choses en âme et
conscience, sans avoir à juger.
Pour ce qui me concerne, cet échange, bien au
contraire, ne m’empêche pas de te garder toute mon affection.
Bien à toi.
Alger, le 29 mars
2010
Saïd SADI