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Saïd SADI à Marseille, Lyon et Paris: l’émigration a vocation à s’impliquer dans la nouvelle Algérie
Auteur: Publié: 13/06/10
La coupe du monde n’a pas empêché la communauté émigrée de participer
activement aux conférences animées par
Saïd SADI à Marseille le 10, Lyon le 11 et Paris le 12 juin à l’occasion de la
sortie de son livre Amirouche : une vie, deux morts, un testament, édité en
France par les éditions L’Harmattan. Les débats qui ont suivi les introductions
montrent que la diaspora algérienne suit avec une attention particulièrement
soutenue les interventions qui ont accompagné la publication de l’ouvrage en
Algérie. Toutes les générations se sont impliquées: l’ancien militant de la Fédération
de France du FLN, l’étudiant ou le cadre qui a fui l’enfer des années 90, tous
conviennent que la confiscation de l’Histoire pour légitimer le pouvoir
politique est une des entraves qui prive l’Algérie d’un débat sur son passé empêchant
toute compétition sur la base de projet et de programmes. La parole de
l’émigration sur une période qu’elle a vécue aux premières loges va
probablement se libérer d’avantage. Les militants politiques, les
universitaires ou les animateurs du tissu associatif ont saisi l’occasion de la
sortie du livre en France pour exprimer une volonté de s’investir dans la
reconstruction de la nation pour peu que l’on respecte l’émigration dans son passé,
ses choix et ses aspirations. Beaucoup d’intervenants ayant participé aux
échanges sur la toile ou en signant la pétition en ligne lancée par des acteurs
de la société estiment que ce mouvement peut être une grande opportunité pour
lancer une initiative prolongeant par une action plus pratique le mouvement d’opinion
né dans la foulée du livre.
Incidence inattendue dans cette tournée : l’apparition
de l’opinion publique française autour de la guerre d’Algérie.
A Marseille, un ancien officier qui a appartenu à la
division Leclerc qui avait libéré Paris en 1944 et qui fut aussi parmi ceux qui
ont encerclé Amirouche à Bou Sâada déclara : « mon chef et mon héros
est Leclerc. Je voudrais dire aujourd’hui que je n’hésite pas à placer au
dessus le colonel Amirouche qui était pour nous un adversaire mais un patriote
exemplaire. »
« L’émigration a toujours assumé une fonction
essentielle dans les différentes phases de notre histoire. De la guerre de
libération aux luttes pour les libertés démocratiques après l’indépendance, notre
émigration a contribué à faire avancer les revendications citoyennes. Il est
temps que ce segment de notre peuple s’invite et s’impose dans cette
conjoncture pour permettre à notre pays de se réapproprier sa mémoire et
maîtriser son destin. C’est parce que l’on a confisqué l’histoire que l’Algérie
est devenu le pays de échecs, des violences et des abus. Nous pouvons et nous
devons honorer le testament d’Amirouche et de tous ceux qui ont fait de nous
des hommes libres : par devoir et par nécessité. » a souvent conclu
Saïd SADI qui doit intervenir dans des radios communautaires et les télévisions
françaises.