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Tenant à stabiliser les relations politiques entre les partis nord-africains, le RCD a tenu à être présent au 8eme congrès du PPS (ex parti communiste marocain) qui s’est déroulé le 28/29/30 mai dans la banlieue de Rabat. Le Rassemblement a été représenté par Dr Ahmed Bennegueouch, secrétaire national à l’environnement, dont nous publions la contribution intégrale.
Monsieur le Président
Honorables invités
Chers camarades congressistes
Bonjour
J’ai l’honneur et le privilège d’être parmi vous aujourd’hui en tant que représentant du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) et chargé par son président le Dr Saïd Sadi de vous transmettre ses salutations amicales.
Vous avez, à juste titre, axé vos travaux autour des enjeux politiques, économiques et sociaux auxquels feront face nos populations au moment ou le monde connait une profonde crise financière et économique.
En ce début du 21e siècle, les disparités de niveau de vie criardes font de notre planète, et notre sous région n’y échappe pas, un monde particulièrement cruel et dangereusement déséquilibré où l’abondance et l’opulence côtoient d’une manière insupportable la pauvreté et le désespoir.
Nous assistons dans notre sous région à l’exclusion de pans entiers de la société dans la prise en main de leurs destins, la démocratie de proximité que nous revendiquons et que nous partageons avec vous est la seule alternative.
Il n’ya pas de développement sans la participation effective des citoyens dans l’action politique.
L’Algérie n’a jamais connu une aisance financière comme celle de ces dix dernières années, les différents plans de développement initiés par le gouvernement, durant cette période, ont couté la bagatelle de 350 milliards de dollars aux caisses de l’Etat sans que pour cela une dynamique économique, sociale ou culturelle n’a été perçue.
L’enjeu de ce siècle est celui d’une véritable politique de développement durable. Il s’agit d’équilibrer ses 3 piliers fondamentaux à savoir :
1 / Le progrès économique : objectif de croissance et d’efficacité économique
2/ La justice sociale ; objectif d’équité sociale
3/ La préservation de l’environnement.
Cela impliquera nécessairement une réorientation de la politique agricole, industrielle et énergétique de nos pays.
Il est clair que les échecs des politiques successives dans nos pays sont liés au monopole du pouvoir et au déficit démocratique confortés par les fraudes électorales et qui secrètent nécessairement la corruption et la violence.
La décentralisation de la décision politique, la réhabilitation du service public sont des exigences de notre temps. La démocratie de proximité, conceptualisée en Algérie par le RCD dans le projet de régionalisation modulable, trouve déjà un début de projection salutaire au Maroc.
La bonne gouvernance, la transparence dans la gestion, et la participation citoyenne offriront à nos pays le développement attendu.
Nous avons tous des défis à relever et celui des Maghrébins c’est d’intégrer notre développement dans un ensemble viable qui est l’espace nord-africain.
La crise ne peut connaitre de solution durable sans une politique d’intégration globale menée en faveur de la jeunesse. Le phénomène des « Harraga » qui décime la jeunesse en Algérie est là pour nous le rappeler.
Il nous revient de multiplier ce genre de rencontres et d’échanges pour dégager ce qui constitue un socle solide, crédible et performant pour garantir la réalisation de la Fédération des Etats nord-africains sans laquelle aucune projection, à même de nous assurer une visibilité et une pérennité sérieuses, ne peut être atteinte.
La conférence de Tanger en 1958 qui a regroupé les 3 partis qui, à l’époque, portaient effectivement les ambitions de nos peuples, avait abouti à la conclusion que le parachèvement naturel des indépendances du Maroc de la Tunisie et de l’Algérie devait être la construction d’un ensemble fédérant les trois nations.
Aujourd’hui, nous ne pouvons échapper à l’impératif de reprendre cette problématique sereinement mais avec courage et détermination .Il n’y a pas d’avenir séparé mais il peut y avoir pire car si nous ne réalisons pas cette exigence de l’Histoire, d’autres la concevront à notre place et, on peut le redouter, à nos dépends.
Pour les prochaines décennies, l’Afrique du Nord constitue avec l’Afrique du Sud les 2 pôles de développement autour desquels peut se redéployer le continent.
Encore faudrait il que l’Algérie et le Maroc, notamment, s’émancipent des visions et des stratégies sécuritaires qui mobilisent des moyens colossaux et brident les esprits dans des considérations belliqueuses, paralysant les énergies et stérilisants, les intelligences.
L’Afrique du Nord des régions est en mouvement, il nous revient de lui imprimer le rythme attendu par nos concitoyens.
Toutes les initiatives sont les bienvenues, chaque passerelle, chaque échange est une pierre pour les fondations de demain.
Nous devons à chaque fois que cela est possible renouer les contacts entre jeunes, entre opérateurs économiques, entre sportifs, entre artistes et intellectuels mais aussi entre hommes politiques.
En ce qui nous concerne au RCD, nous avons, depuis longtemps, fait des activités politiques marquantes une opportunité pour joindre à notre réflexion les parties tunisiennes et marocaines. Ainsi au mois d’octobre des partis marocains et tunisiens ont été convié à notre université d’été, nous avons associé des jeunes Marocains aux journées nationales de la jeunesse du mois de novembre et nous avons tenu à ce que des femmes des trois pays débattent du statut personnel au mois de mars devant quelques 800 participantes à Alger.
Mais pour faire avancer au mieux et au plus vite ce projet trop longtemps différé, il nous faut, nous démocrates, de la ténacité et du courage pour lever les obstacles dans nos pays respectifs. Chaque avancée dans un des trois pays est un acquis pour tous. C’est pour cela que la réussite de votre congrès est aussi une avancée pour nous.
Je vous remercie
Ahmed Bennegueouch
