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Convergence pour une action commune
Auteur: Publié: 06/03/10
La journée célébrant le 08 mars organisée par le RCD à la mutuelle des matériaux de construction a donné lieu à des communications de spécialistes aux faits de la condition des femmes en Afrique du Nord. Les thèmes choisis par ces femmes juristes ont porté sur le statut personnel en Afrique du Nord, la violence à l’égard des femmes et enfin les femmes dans les institutions de l’Etat.
Les intervenantes dans le cadre de la première communication portant sur le statut personnel en Afrique du Nord, ont convergé à dire la nécessité de créer une synergie entre les mouvements féminins dans les trois pays, dans la mesure où à quelques différences prés, les obstacles, les problèmes et les défis sont les mêmes.
Mme Bochra Belhadj, avocate spécialisée dans le droit de la famille en Tunisie a déclaré que « le code du statut personnel est lié au choix de la république » qualifiant ce qui s’est passé à l’ère de Bourguiba en 1956 de très important, démontrant que « la volonté politique était décisive ».
Toutefois, elle relève des insuffisances et affirme qu’il existe des textes archaïques notamment en ce qui concerne l’héritage. Elle va plus loin indiquant que même les acquis sont menacés par les forces obscurantistes. « Nous connaissons tous la situation dans la région. Même les pouvoirs sont tentés de faire des concessions en faveur des forces archaïques pour des soucis d’équilibres sociopolitiques » avertit-elle. « Nous avons une chance à saisir pour agir dans le grand Maghreb. Pour cela, il faut prendre ce qu’il y a de positif dans les trois textes et provoquer la concurrence entre les états », propose madame Bochra Belhadj.
« il faut créer un lobby des femmes magrébines », c’est par cette phrase que Aicha Alhayane entame son intervention, précisant que la Moudawana constitue l’aboutissement d’un long combat dont la phase la plus importante est l’année 1995 avec la création d’un groupe de travail pour élaborer un texte pour sa réforme et al collecte d’un million de signature pour l’accompagner.
Le texte réformé en 2004 par Mohamed VI ne répond pas totalement aux aspirations des femmes marocaines, laisse entendre l’intervenante. Mme Alhayane argue cela par l’existence des inégalités, citant l’exemple du mariage de la mineure par le juge et la persistance des mentalités rétrogrades au sein même du corps des magistrats.
Du coté algérien, Mme Fetta Sadat, universitaire, avocate et secrétaire nationale à la condition féminine au RCD, paraphrase le président du RCD en appelant à une amorce d’un mouvement féminin commun dans les trois pays de l’Afrique du Nord. Maitre Sadat battra en brèche l’idée qu’il ya eu révision du code de la famille en 2005. Selon elle, le texte en question a subit un « lifting » et demeure en contradiction avec la constitution et les conventions internationales paraphées par l’Algérie. Maitre Sadat fera trois propositions concrètes : l’abrogation du code de la famille, la consécration des conventions internationales en les harmonisant avec la législation nationale et la mise en place d’un Etat laïque. La violence contre les femmes : les violences conjugales
Émouvanteet opportune, est le moins qu’on puisse dire de
l’intervention de Mme Chitour Fadila, professeure en endocrinologie
représentante du Réseau Wassila. Elle a abordé l’épineux problème de la
violence conjugale. « C’est un problème politico-social, loin d’être un
problème privé », affirme Mme Chitour. Et à ce titre, elle revendique
une solution politique et institutionnelle. Elle enchaine en pointant
du doigt le système patriarcal qui consacre la sphère privée comme
sphère de non droit. « Le système patriarcal permet l’utilisation de la
domination et son corollaire la violence » affirme l’endocrinologue.
Selon le professeur Chitour, il s’agit de réfléchir à l’effectivité de
la loi pénale qui est contredite par la réalité. Elle préconise la
consécration de la pénalisation de la violence conjugale.